Objectifs
Dans cette note exploratoire, nous proposons d’explorer la base
CHELEM du CEPII à l’aide de la grille d’agrégation des pays du
monde VERTICALES mise au point à partir des idées de Jean-Louis
Guigou et des chercheurs de l’IPEMED. Le découpage proposé est organisé
à deux niveaux, en 4 régions (VER1) elle-mêmes subdivisées en 12
sous-régions (VER2).
La base CHELEM, même si elle offre une résolution spatiale moindre
que d’autres bases (94 états ou groupes d’états) permet de décomposer
les échanges par type de produit ce qui permet de mettre à jour
différentes formes de régionalisation en fonction des produits
concernés.
I. PRESENTATION DES DONNEES ET AGREGATS
L’idée de base est de proposer une lecture du Monde à partir de 4
régions “verticales” disposées du Nord au Sud. Trois de ces régions ont
déjà été souvent analysées par les chercheurs de l’IPEMED. Mais nous
avons jugé intéressant de rajouter une 4e région correspondant au “reste
du Monde”.
94 unités d’observation

- Commentaire : Afin d’assurer la continuité de la
collecte des données commerciales sur une période très longue (1968-
Présent), la base CHELEM a mise en place des agrégats de pays qui
rendent plus facile la maintenance de la base mais réduisent la
résolution géographique de l’analyse et éliminent de facto une partie
des flux internationaux. Il s’agit souvent de groupes de petits pays
jouant un faible rôle dans le commerce mondial(Amérique centrale, états
insulaires du Pacifique, Cambodge et Laos, …). Mais dans deux cas au
moins les agrégats s’avèrent plus problématiques : (1) pour l’Afrique
subsaharienne où seuls quelques pays sont identifiés individuellement
(2) pour les états du Proche et Moyen Orient où l’un des agrégats
mélange Iran, Irak et Koweit et un autre Syrie, Liban et Jordanie.
9 groupes de produits
La base CHELEM a réussi l’exploit de constituer une catégorisation
des produits échangés sur plus de 50 ans malgré l’évolution des types de
production et les changements de nomenclature. Nous adoptons ici une
version simplifié de cette classification en 9 familles de produits
correspondant à différents niveaux d’insertion dans les chaînes de
valeur et la division internationale du travail (Grasland and Van Hamme (2010), Grataloup, Boucheron, and Fumey (2014))
- ENE : Energie
- MIN : Mines, produits intermédiaires
- AGR : Produits agricoles, alimentation
- TEX : Textile, habillement
- ELE : Electronique
- EQU : Equipement, Machines
- TRA : Transport
- CHE : Chimie, Pharmacie
- MIS : Divers
- Commentaires : Le graphique montre que les 9
groupes de produits réalisent une partition relativement équilibrée des
échanges mondiaux tout en permettant de suivre les tendances longues à
la hausse (électronique, chimie), la stabilité (transport,textile ) ou à
la baisse (agriculture) de la part de chaque produit en valeur. Les
fluctuations les plus importantes concernent les produits énergétiques
qui voient leur part osciller entre 8% et 24% selon les années. La série
de données s’arrêtant en 2020, on ne voit pas l’accroissement
spectaculaire de leur part qui intervient à partir de 2022 en raison de
la crise russo-ukrainienne. On ne voit pas non plus l’effet corrélatif
du renchérissement des produits agricoles.
3 régions verticales + 1 région résiduelle

- Commentaire : Les trois premières régions
reprennent le découpage proposé par J.L. Guigou et les chercheurs de
l’IPEMED à une différence près : les pays pétroliers du Golfe persique
n’ont pas été rattachés à la verticale Europe-Méditerranée-Afrique car
leur commerce est clairement mondialisé et ne se rattache à aucune
verticale.
Quelques rattachements non voulus ont par ailleurs été imposés par la
structure de la base CHELEM du fait de l’existence d’agrégats de pays
non séparables (e.g. rattachement de l’Afghanistan à l’ensemble
Asie-Pacifique ou du Yemen à l’ensemble Europe-Méditerranée-Afriqe)
La quatrième région “reste du Monde” n’est pas a priori une zone
d’intégration régionale mais elle doit être prise en compte pour
compléter l’analyse et lui donner une dimension globale. Elle comporte
des pays qui sont tiraillés entre plusieurs orientations régionales à
l’instar de la Russie, L’Inde ou l’Arabie Saoudite.
- Commentaire : En apparence la région
Europe-Méditerranée-Afrique semble jouer le rôle le plus important dans
les importations comme dans les exportations mondiales, même si sa part
diminue au fil du temps au profit de la région Asie-Pacifique. Toutefois
ce résultat est dans une large mesure une illusion liée
au fait que cette région est subdivisée en un très grand nombre de pays
qui échangent avec leur voisins, à la différence de l’Amérique ou de
l’Asie pacifique pour lesquels le trafic intérieur aux grands pays n’est
pas visible. La vision des échanges serait à l’évidence très différente
si on avait pris en compte les échanges entre les provinces chinoises ou
les états fédérés des USA.
12 sous-régions

- Commentaire : Chacune des quatre régions a été
découpée en 3 sous-régions en suivant à nouveau approximativement les
propositions de J.L. Guigou et de l’IPEMED mais avec quelques
adaptations. Nous avons notamment choisi de rattacher le Mexique à
l’Amérique Centrale plutôt que l’Amérique du Nord dans la mesure où la
période d’étude est longue (1968-2020) et ne correspond pas à
l’existence permanente de l’ALENA. Nous avons par ailleurs maintenu
l’ex-URSS dans une seule région (exception faite des pays baltes) afin
de pouvoir suivre son évolution sur toute la période.
- Commentaire : En éliminant les échanges internes à
chacune des sous-régions on obtient une mesure plus juste du rôle de
chacune des quatre grandes régions dans le commerce mondial. La région
Europe-Méditerranée-Afrique totalisait 40 à 45% des importations ou
exportations dans les années 1970 contre 20 à 25% en 2020. La région
Amériques conserve une part relativement stable d’environ 30% des
importations au cours du temps mais voit sa part des exportations
diminuer de 30 à 20%. La région Asie Pacifique voit quant à elle sa part
des eportations mondiales doubler, passant de 16 à 43%. La progression
est également remarquable pour les importations qui passent de 18 à 33%.
Quant à la région résiduelle “reste du monde” elle joue un rôle
relativement mineur dans les importations tout au long de la période (10
à 15%) mais connaît des fluctuations forte dans sa part des exportations
(8 à 22%) en raison des variations de prix des produits
énergétiques.
II. ANALYSE MACROSCOPIQUE DE L’INTEGRATION REGIONALE
Dans cette première partie on procède à une synthèse rapide des
échanges commerciaux entre les quatres grandes régions afin de
déterminer la part du commerce interne à chacune de celles-ci, puisles
variations de l’intégration régionale par produit et enfin par
région.
Tous produits confondus
- Commentaire : La figure représente la part des flux
commerciaux (tous produits confondus) qui ont pour origine et
destination une même région (selon le découpage en quatre proposé
précédemment). Le niveau d’intrégration intra-régionale demeure élevé
tout au long de la période (entre 52% et 62%) mais présente des
oscillations importantes qui semblent liées à des événements tels que
les deux chocs pétroliers de 1973 et 1981, la fin de l’Union Soviétique
(1991) ou l’entrée de la Chine à l’OMC (2001).
Par famille de produits
- Commentaire : la décomposition des niveaux
d’intégration régionale par famille de produits met en évidence des
différences notables, notamment en ce qui concerne les produits
énergétiques (gaz, pétrole, charbon, …) qui voient leur niveau
d’intégration diminuer très fortement entre les deux chocs prétroliers
(35% en 1977) avant de remonter ensuite mais en restant à un niveau
beaucoup plus faible que les autres produits. A contrario, les échanges
de produits agricoles qui avaient un niveau d’intégration assez faible
dans les années 1970 (environ 50%) connaissent une forte progression
dans les années 1980 et deviennent les produits les plus intégrés
régionalement avec la chimie et les minerais. Les produits textils
connaissent une évolution inverse, en relation avec la concentration
croissante de la production en Asie. Sans détailler les autres produits,
on remarque que les vingt dernières années (2000-2020) montrent dans la
quasi totalité des produits une baisse de l’intégration régionale, qu’il
faut probablement mettre en relation avec la montée en puissance de la
Chine.
Europe - Méditerranée - Afrique
- Commentaire : Même si elle connaît une légère
baisse au cours des vingt dernières années, l’intégration de la région
Europe-Méditerranée-Afrique demeure très élevée (66-78%) pour les
importations comme pour les exportations. Ce résultat est
toutefois à prendre avec précaution car il s’explique par la
très forte fragmentation de l’Europe et les échanges internes à l’Union
Européenne qui en résulte mécaniquement. Comme nous le verrons par le
suite, la situation d’intégration est beaucoup moins claire lorsqu’on
considère les échanges entre l’Europe et la Méditerranée ou l’Europe et
l’Afrique subsaharienne.
Amériques
- Commentaire : L’intégration des exportations
demeure importante en 2020 (50%) bien qu’elle soit en baisse par rapport
aux années 2000 où elle dépassait 60%. La montée en puissance des
échanges avec l’Asie-Pacifique est très claire et s’accompagne
corrélativement d’une baisse des échanges avec l’ensemble
Europe-Méditerranée-Afrique. L’intégration est beaucoup plus faible en
matière d’importation puisqu’en 2020 seuls 37% des produits sont
importés de la région tandis qu’une part équivalente provient de la
région Asie-Pacifique.
Asie Pacifique
- Commentaire : Cette partie du Monde est celle qui
connaît la dynamique d’intégration la plus forte et la plus continue
tout au long de la période. Dans le cas des exportations on passe de 40%
dans les années 1970 à 50% en 2020. Dans celui des importations, de 35%
en 1970 à près de 70% en 2020. Cela entraîne une diminution des échanges
avec les autres régions du Monde, en particulier les Amériques et
l’Europe-Méditerranée-Afrique.
Reste du Monde
- Commentaire : Cette partie du Monde est clairement
la moins intégrée même si la part des échanges interne qui ne dépassait
pas 5 à 10% dans les années 1970 atteint aujourd’hui plus de 20% pour
les importations comme les exportations. Le changement le plus
remarquable est ici la baisse continue de la part de l’ensemble
Europe-Méditerranée-Afrique au profit de l’Asie-Pacifique. Il faut sans
doute y voir une stratégie d’intégration asiatique (et non pas
eurasiatique) qui a été amorcée par le Japon et la Corée dans les années
1980 puis pousuivie par la Chine avec les nouvelles routes de la soie.
Ce mouvement étant par ailleurs conforté par les stratégies de
diversification de leurs échanges de l’Inde et de la Russie.
III. CARTOGRAPHIE DES ZONES D’INTEGRATION REGIONALE
Nous analysons ici la validité du découpage du monde en trois
verticales en procédant à une évaluation de la part des échanges de
chaque pays ou agrégat de pays vers les trois régions postulées par J.L.
Guigou oui vers la région résiduelle “reste du monde”. On considère
trois situations possibles :
- intégration régionale forte : plus de 50% des
échanges sont dirigés vers l’une des trois régions verticales.
- intégration régionale faible : 40 à 50% des
échanges sont dirigés vers l’une des trois régions verticales.
- absence d’intégration régionale : moins de 40% des
échanges sont dirigés vers l’une des trois régions verticales. Cette
situation peut résulter soit d’un partage d’influence entre les trois
verticales, soit d’un rôle important de l’espace résiduel “reste du
monde”.
Nous présentons les cartes de régionalisation importations et
exportations pour deux périodes décennales : en 1991-2000 et en
2011-2020
Exportations
Exportations 1991-2000

- Commentaire de la situation en 1991-2000
- La région Europe-Méditerranée-Afrique est à son apogée et
correspond à une zone de forte intégration des exportations(> 50%) de
Vladivostok à Capetown en passant par la Turquie et le Levant. Seuls
font exception les satellites de la Russie (Belarus, Ukraine) et deux
producteurs pétroliers africains tournés vers les USA (Nigéria et gGbon)
- La région Amériques est également bien intégrée, du Nord au
Sud, même si c’est à un degré plus faible dans le cas du Brésil et du
Chili. Seuls font exceptions les USA qui exportent vers l’ensemble du
Monde et n’envoient que 39.7% de leurs exportation vers leur propre
région contre 29.3% vers la région Asie-Pacifique et 27.5% vers la
région Europe-Méditerranée-Afrique.
- La région Asie-Pacifique connaît un début d’intégration
mais avec une forte ouverture au reste du Monde. Le Japon exporte un peu
plus de 40% vers sa région mais déjà 36% vers les Amériques contre un
peu plus de 20% vers la région Europe-Méditerranée-Afrique. La Chine
affiche un profil encore plus extraverti avec 37% de ses exportations
vers sa région, 34% vers les Amériques et moins de 20% vers
l’Europe-Méditerranée-Afrique. Il s’agit donc autant d’une intégration
Pacifique que d’une intégration asiatique.
- L’Inde constitue un cas particulier de pays qui exporte
aussi bien vers l’Europe-Méditerranée-Afrique (36%), l’Asie-Pacifique
(25%), les Amériques (20%) et le reste du Monde (17%), ce dernier flux
correspondant à des relations fortes avec la Russie et les pays issus de
l’URSS.
Exportations 2011-2020

- Commentaires de la situation en 2011-2020:
La région Europe-Méditerranée-Afrique demeure bien
intégrée en matière d’exportations dans sa partie européenne et
méditerranéenne puisque tous les pays y affichent des exportations
destinées à plus de 50% vers la verticale, exception faite des pays du
levant (Syrie, Liban, Israël, Jordanie). Mais la situation est désormais
plus constrastée en Afrique subsaharienne où l’intégration est forte
pour le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Kénya, mais faible pour le
Ghana, le Nigéria, le Congo et l’Afrique australe. Quant aux autres pays
ils dirigent leurs exportations en priorité vers la région Asie
Pacifique même si l’intégration y demeure assez faible (40-50%) sauf
dans le cas du Gabon.
La région Amériques demeur également bien intégrée en
matière d’exportations, notamment dans sa partie septentrionale (Canada,
Mexique, Amérique centrale, Colombie, Venezuela). Mais on retrouve comme
en 1991-2000 une intégration plus faible des USA (qui exportent beaucoup
en dehors de leur région) et de l’Argentine. Le Chili apparaît quant à
lui davantage tourné vers l’Asie Pacifique tandis que le Brésil montre
désormais une part égale d’exportations (34%) vers les Amériques et
l’Asie-Pacifique.
La région Asie-Pacifique polarise beaucoup plus
fortement qu’en 1991-2000 son espace interne mais aussi l’ensemble des
pays du Golfe Persique qui assurent son approvisionnement en
hydrocarbure ainsi que le Gabon. Elle polarise faiblement une partie de
l’Afrique subsaharienne et le Chili. La Chine apparait la moins intégrée
du fait du déploiement de ses relations au niveau mondial plutôt qu’à
l’intérieur de la seule région Asie-Pacifique. Elle envoie
approximativement autant vers l’Asie-Pacifique (31%) , Les Amériques
(30%) et l’Europe-Méditerranée-Afrique (26%).
L’Inde quant à elle maintient une position de struct
équilibre entre les quatre régions du Monde, envoyant de 20 à 30% vers
chacune d’entre elles.
Importations
Importations 1991-2000

- Commentaires :
- La région Europe-Méditerranée-Afrique en 1991-2010 est très
fortement intégré pour les importations et étend même son influence dans
ce domaine au Moyen-Orient et à l’Inde. Même les pays africains qui
exportent davantage vers les Amériques (Nigéria, Gabon) réalisent la
majorité de leurs importations depuis la région
Europe-Méditerranée-Afrique. Il s’agit donc d’un moment historique
privilégié où cette verticale aurait pu se mettre en place, ce que
suggérait d’ailleurs de nombreux chercheurs et des experts dans des
rapports de l’IPEMED ou du programme ESPON.
- La région Amériques montre également à cette date une forte
intégration régionale de ses importations qui est en phase avec la
signature des traités de libre échange du MERCOSUR (1991) ou de l’ALENA
(1994). Les USA demeurent certes plus extravertis du fait de l’ouverture
croissante du commerce transpacifique et ils échangent autant avec
l’Asie Pacifique (37%) qu’avec leur propre région (36%).
- La région Asie-Pacifique témoigne quant à elle d’une très
forte intégration régionale de ses importations, nettement plus forte
que celle des exportations qui sont davantage destinées au reste du
Monde. L’ASEAN s’élargit à de nouveau pays et la Chine commence à
devenir un rouage essentiel de l’intégration productive dans cette
partie du Monde.
- L’Inde demeure provisoirement intégrée faiblement à
l’espace Europe-Méditerranée-Afrique (43%) mais elle a déjà des lines
importants avec l’Asie-Pacifique (28%) et le reste du Monde (18%) en
raison de ses importations d’énergie et de minerais depuis les pays du
Golfe ou la Russie.
Importations 2011-2020

- Commentaires :
- La région Europe-Méditerranée-Afrique présente en 2011-2020
en matière d’importation des caractéristiques assez proches de celles
notées pour les exportations à cette même date. Mais avec un dégré
d’intégration généralement plus faible, notamment en Turquie ou en
Russie. Elle supplante toutefois de justesse l’Asie Pacifique dans
l’ensemble des pays africains, exception faite de l’Egype, du Kenya et
du Nigéria qui n’affichent pas d’intégration régionale dominante.
- La région Amériques apparaît nettement plus intégrée mais
avec deux exceptions de taille : le Brésil et les USA. Ces deux pays
importent en effet moins de 40% de leurs échanges depuis cette région et
sont en pratique partagés entre des influences multiples.
- La région Asie-Pacifique apparaît désormais comme la plus
fortement intégrée, y compris la Chine qui reçoit plus de 40% de ses
importations de sa région d’appartenance.
- L’Inde mais aussi les pays pétroliers du Golfe et
les pays d’Asie Centrale ne se rattachent à aucune des trois
régions verticales. Cela peut s’expliquer par une diversité des origines
de leurs importations (Inde, Golfe) mais aussi par une influence
toujours importante de la Russie dans son voisinage proche. Et peut-être
aussi par une intégration, même si elle demeure faible de cette région
résiduelle.
IV. RESEAUX DE RELATIONS PREFERENTIELLES ENTRE SOUS-REGIONS
Nous procédons maintenant à une analyse plus détaillée des relations
entre les 12 sous-régions afin de vérifier si les liens observés au
niveau macroscopiques sont confirmés au niveau infra-régional. Pour
cela, nous allons confronter les flux observés entre pays à ceux qui
seraient obtenus dans l’hypothèse d’un modèle aléatoire d’indifférence à
la distance.
Flux Totaux 1971-1980
- Commentaire : Au lendemain des indépendances des
pays africains, l’Europe domine largement le commerce mondial et
polarise de façon préférentielle les échanges commercieux avec les pays
d’Afrique et de Méditerranée. Elle intégère également l’URSS dans sa
zone d’échange préféentielle. L’Amérique du Nord constitue le second
pôle des échanges commerciaux et noue des échanges préférentiels avec
l’Asie pacifique mais aussi le proche et Moyen orient pour son
alimentation en hydrocarbure. un début d’intégration apparaît en
Asie-Pacifique.
Flux Totaux 1981-1990
- Commentaire : Dans la décennie qui précède la chute
de l’Union soviétique, les échanges préférentiels de l’Europe se
renforcent avec l’URSS mais aussi les pays du Golfe Persique. Ils
demeurent important avec la Méditerranée mais commencent à s’affaiblir
avec l’Afrique ou d’autres acteurs régionaux d’Asie (Japon) et
d’Amérique (USA) développent désormais à leur tour des relations
préférentiels. Dans le même temps, l’intégration entre les dxeux rives
du Pacifique se renforce grâce à la conteneurisation et la diminution
des coûts de transports.
Flux Totaux 1991-2000
- Commentaire : Avec la supposée “fin de l’histoire”
et la domination sans partage de l’hyperpuissance américaine, le
commerce mondial prend une forme triadique presque parfaite. C’est sans
doute le moment de l’histoire où les trois “verticales” apparaissent de
la façon la plus claire. A une nuance près qui est le fait que l’Afrique
subsaharienne demeure de plus en plus une zone aux influences multiples
tandis que la Russie et les pays de l’ex union soviétique accroissent de
plus en plus leurs échanges préférentiels avec l’Europe. L’Asie du Sud
et le Golfe Persique quant à eux sont en situation intermédiaire mais
nouent des liens entre eux, ainsi qu’avec les pays d’Afrique et de
Méditerranée.
Flux Totaux 2001-2010
- Commentaire: La montée en puissance de la Chine
accentue la polarisation du Monde entre trois régions et s’accompagne
d’un éloignement de plus important de l’Afrique par rapport à l’Europe.
L’Asie du Sud et les pays du Golfe basculent dans la zone d’échange
préférentiels de l’Asie. Les Amériques maintiennent des échanges
préférentiels mais subissent l’influence croissante et asymétrique de
l’Asie pacifique qui exporte vers eux mais n’importe guère. Le déficit
commercial des USA par rapport à la Chine se creuse de plus en plus.
Flux totaux - 2011-2020
- Commentaire: L’Asie de l’Est constitue désormais
l’acteur majeur du commerce mondial et inclue dans sa zone d’échanges
préfrentiels non seulement l’Asie du Sud et les pays du Golfe mais aussi
l’Afrique subsaharienne et peut-être l’Amérique du Sud. Les relations
préférentielles de l’Europe se limitent à elle-même ainsi que ses
voisins les plus proches à l’Est et au Sud. Même chose pour les
Amériques où l’intégration concerne désormais surtout la partie
septentrionale et centrale.